Enquête sur les usages du Crowdsourcing et du Crowdfunding (partie 1) – Les Internautes par V. Rouzé et S. Costantini

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Partie 2 (porteurs de projets)
Partie 3 (contributeurs)

Focus Internautes : Usages d’internet et des réseaux sociaux, connaissance du crowdfunding (financement participatif), du crowdsourcing (productions  collectives de contenus)

Introduction

Cette première partie du questionnaire (Voir la présentation et le protocole de l’enquête ici) visait précisément à connaître et comprendre les pratiques des internautes, qu’ils soient impliqués ou non dans les logiques de crowdfunding et crowdsourcing culturel. L’enjeu étant ici de dessiner le contexte et les usages des Internautes dans et en  dehors de ces plateformes spécifiques tout en les incluant dans un contexte de pratiques numériques plus larges. Si de nombreuses données et études existent et sont régulièrement menées sur les français et Internet (INSEE, CREDOC DEPS) ou sur l’usage des plateformes (des données chiffrés portent majoritairement sur les réseaux sociaux et fleurissent de par en par sur Internet ( i.e le blog perspectives-communication) ; au delà de la problématiques de l’origine des sources qui ne sont pas toujours mises en évidence, ces données sont le plus souvent l’émanation d’agences de publicité, de marketing et de communication (exemple1, exemple2) ou des plateformes elles-mêmes) ,  il convenait ici de les (in)valider dans un contexte de recherche particulier.  Avant de dessiner les traits des acteurs des plateformes, nous voulions également inviter les « personnes ordinaires » dans le débat (en dehors de toute implication directe) et connaître leurs usages et opinions. Nous nous sommes demandés quelles étaient leurs activités sur Internet ? Publient ils des données? si oui, sur quels types de supports? Nous voulions ensuite tenter de mesurer la place du financement participatif et de la production collaborative chez ces internautes et mesurer l’impact que ces phénomènes pourraient avoir sur la production et la valorisation culturelle sans y être directement impliqué. Comment considère-t-on les phénomène de crowdsourcing et de crowdfunding? Est-on capable de les définir et d’en cerner les contours? Les voit-on comme un moyen d’accroître la diversité culturelle, comme des alternatives aux industries culturelles, à l’implication des politiques culturelles de l’État. Autant de questions et d’hypothèses que nous présentons ici.

Des internautes multi-connectés, producteurs/consommateurs (Prosumers)

 

 

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Les répondants interrogés sont dans l’ensemble très connectés sur les réseaux sociaux et plus largement sur internet : plus de 80% ont une page Facebook et la moitié possèdent un compte sur les réseaux professionnels. Leur activité de publication, à titre personnel ou professionnel est assez soutenue mais revêt une distinction importante. L’exploitation quotidienne de son compte dans un contexte privé donne lieu majoritairement à la publication de photos. Tandis que les publications dans un usage professionnel sont essentiellement en lien avec l’actualité.

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On constate chez les répondants interrogés un suivi des actualités culturelles forte, corrélée à une pratique artistique soutenue (de consommation et/ou de création).

Ces pratiques font résonance avec une activité de publication de production personnelle relativement forte (presque 35%), avec une majorité de productions écrites (démocratisation de l’écrit sur le web ?). Leurs activités de production et de diffusion audiovisuelle et musicale sont également soutenues (respectivement 21 et 22% des répondants).

Crowdfunding,  Crowdsourcing, vous connaissez?

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Les répondants sont nombreux à donner une définition du CF et à connaître le procédé et ces plateformes (86%) , y compris pour les personnes n’ayant ni participé à ni conduit .une campagne de financement participatif (75%). Ce qui montre que la médiatisation, les nombreux discours politiques et le bouche à oreille fonctionnent à plein en vue de valoriser ce type de dispositif.

Plus précisément, le financement participatif est associé à deux grandes thématiques; Le graphe analysant les similitudes des définitions données du CF (question ouverte) montre l’homogénéité des réponses : on retrouve un bloc lexical principal de termes autour de la notion de projet et du financement en ligne. Les exemples donnés majoritairement sont l’aide à la création artistique (bloc bleu) ou à la création d’entreprise par un particulier (bloc vert)

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Les répondants sont en revanche beaucoup moins nombreux à connaître le CS et son principe (création de contenus/résolution de problèmes par une participation collective), et à émettre le distinguo avec le crowdfunding (à peine 19%). Ce ratio est encore plus fort chez les « non-initiés », avec moins de 10 % de réponses. Ce qui renforce l’idée précédente concernant les effets de la médiatisation et les effets de la « pédagogie » engagées par les acteurs politiques, économiques et sociaux. Le crowdsourcing étant aujourd’hui en voie d’intégration dans les stratégies des industries culturelles comme forme de concours et de ce fait devenu moins visibles car non relayés médiatiquement et politiquement; On lui préfère la dimension économique et financière.

Les principales plateformes connues par les internautes sont les deux dominantes françaises dans le domaine culturel, Ulule et KissKissBankBank, et concentrent à elles deux la moitié des réponses données. Le dispositif de cagnotte en ligne Leetchi (assimilable à du CF) est cité en troisième, devant Kickstarter (le premier site mondial de CF) ou encore MyMajorCompany (première plateforme à s’être historiquement implantée en France, aujourd’hui fermée). On note également près de 25% de réponses citant des plateformes de taille plus restreintes ou spécialisées, signe de l’éclatement des pratiques mais aussi de la multiplicité des plateformes et leur spécialisation.

Le crowdfunding ou financement participatif: l’avenir de la culture?

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Les différentes panels interrogés sont relativement d’accord sur le fait que le CF soit un phénomène nouveau, et qu’il est assez aisé d’obtenir des financements de la sorte.

Ils ont un point de vue favorable quant à la possibilité pour les projets culturels d’obtenir une meilleure visibilité, et que dans ce sens ils contribuent à assurer de la diversité culturelle.

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Toutefois, les panels interrogés sont relativement partagés vis-à-vis des enjeux du crowdfunding en tant que réponse au financement de la culture. Si les porteurs de projets sont davantage convaincus des bienfaits du CF, une majorité reste dubitative sur son rôle, notamment au regard de sa possible substitution du financement public ou du mécénat.

L’analyse lexicographique des réponses justifiant leurs opinions laisse apparaître ces divergences, en les découpant en trois groupes lexicaux bien séparé : un premier regroupant les notions du projet et de son porteur (artiste, entrepreneur souhaitant des moyens de financement), un second autour du financement (des différentes sources), et un troisième autour de l’État (dont la place est importante, du besoin des collectivités qu’il faut au contraire développer).

Partie 2 (porteurs de projets)

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