Rapport Mission Brésil

L’objectif de cette mission a été de récolter des données qualitatives et quantitatives sur les acteurs et les usages de dispositifs de financement participatif au Brésil.

  • Les chercheurs:
Jeremy Joseph Vachet, doctorant, School of Media and Communication, University of Leeds, United Kingdom.

Teo Benjamin, entrepreneur et consultant dans le domaine du crowdfunding, accompagnateur et facilitateur.
  • Le lieu : BRÉSIL

1. Résumé de la mission et des enquêtes effectuées sur place

L’objectif de cette mission a été de récolter des données qualitatives sur les acteurs et les usages de dispositifs de financement participatif au Brésil, en allant à la rencontre de 3 catégories d’acteurs :

  • A. Dirigeants ou employés de plateformes de crowdfunding ;

  • B. Entrepreneurs et travailleurs culturels / créatifs « porteurs de projets » ayant utilisé des dispositifs de levée de fonds ;

  • C. Consultants et experts reconnus comme appartenant au microcosme de l’économie collaborative à Rio. Ils forment une communauté souvent engagés dans des projets et structures éphémères.

  • D. Représentants d’institutions publiques et privées nationales ou étrangères présentes au Brésil pays concernés par la thématique du financement participatif et des industries culturelles et créatives.

Cette mission de terrain à Rio de Janeiro aura duré 6 jours (du 12 au 18 septembre). L’entretien semi-directif et l’observation participante ont été les principales méthodes d’enquête employées. Pour des raisons de confidentialité, et pour ceux qui le souhaitaient, il a été proposé aux participants de garder l’anonymat.

Dans la catégorie A nous avons interviewé les personnes suivantes :

Rodrigo Maia, Catarse

Catarse est historiquement l’une des premières (sinon la première) plateforme de crowdfunding au Brésil et elle reste l’un des plus importantes encore aujourd’hui. Rodrigo, a déménagé quelques années plus tôt à l’extérieur de Rio après avoir souffert de problèmes de santé dû au stress et à l’anxiété. Très actif pendant de nombreuses années pour la promotion d’un financement raisonné dans la scène du crowdfunding au Brésil, il a dû restreindre ses activités sociales et se concentrer de nouveau sur Catarse après un risque de faillite. Il continue de promouvoir un développement ‘raisonné’ du crowdfunding pour la culture et cherche comment inclure les communautés en dehors du microcosme classe moyenne- blanche urbaine.

Candice Pascoal, Kickante

Candice Pascoal est une entrepreneuse brésilienne, à l’origine de Kickante, l’une des plus grosse plateformes au Brésil malgré une certaine jeunesse. Candice a récemment a été au cœur d’une polémique suite à des mensonges sur son passage aux Etats-Unis, sur sa formation et sur ces activités. Selon de nombreux échos du microcosme de l’économie collaborative brésilienne, elle incarne l’ethos de la Silicon Valley, tant déconsidéré au Brésil. Elle a pour réputation d’avoir une attitude très agressive et de dénaturer l’esprit du crowdfunding particuliers au Brésil.

-Brian Begnoche, Eqseed

Eqseed une l’une des plateformes d’equity les plus importantes au Brésil. Brian est un américain ayant travaillé pendant plusieurs années à Wall Street (donnée à vérifier dans l’entretien) avant de voir une opportunité dans le lancement d’une plateforme de crowdfunding au Brésil.

Benfeitoria est l’une des premières plateformes de crowdfunding au Brésil. Benfeitoria a cette particularité de fonctionner sans commission. Les frais de fonctionnement sont proposés en plus et ne sont pas obligatoires. Ce système de commission libre ou Comissão livre, qui peut s’apparenter au donationware en informatique, fonctionne comme un système de donation et s’observe dans d’autres types d’économie au brésil (dans les coopérative d’alimentation biologique dirigé pour une clientèle de la classe moyenne brésilienne éduquée). Ainsi il est proposé de donner pour le fonctionnement de la plateforme. Les frais de fonctionnement sont financés par des bourses publiques et privées. Ils participent au financement régulier d’ONG comme Canal LGBT.

– Hernan Efron, Apoiase
Hernan Efron a mis en place la plateforme de crowdfunding continu Apoiase. Situé à Bel Horizonte, il est codeur est, bien que bien inséré dans le milieu dit souffrir d’être isolé de la scène du crowdfunding. Sa plateforme fut lancée il y a un peu plus d’un an et elle ne génère à ce jour aucun profit. Durant l’entretiens, il se posait des questions concernant la rentabilité d’un telle activité à moyen et long terme ainsi que l’éthique des autres plateformes. La plateforme tient sur les fonds propres d’Hernan et personne n’est à ce jour employé. Il travaille aussi comme codeur (notamment pour le site du OuiShare)

Dans la catégorie B, nous avons interviewé les personnes suivantes :

Bernardo Ferracioli, CEO de MateriaBrasil.
MateriaBrasil est une plateforme au statut d’entreprise classique de développement durable travaillant avec des populations locales. Ils ont réussi deux campagnes de levée de fond par le passé via le crowdfunding qui leur ont permis de lancer divers projets. Plus récemment, ils ont lancé une campagne de levée de fond qui a échoué.

Vinicius De Paula Machado, de l’espace d’incubation et de co-working Goma. Après une dépression dû à un burn out alors qu’il était professeur de Yoga, Vinicius s’est intéressé aux conditions de travail et au sens du travail dans les entreprises du web à Rio. Au sein de Goma, incubateur et espace de co-working dans un quartier en cours de gentrficiation, il a pour objectif le développement d’un sentiment de communauté et d’appartenance ainsi que le développement du bien-être au sein de la structure. Il a participé de près et de loin à de nombreuses campagnes de crowdfunding notament au sein de Goma.

Mateus Xavier de Pipoca & Guaraná.
Musicien et gérant de plusieurs groupes de carnaval dont le populaire Pipoca & Guarana. Il a mené par le passé des campagnes de crowdfunding afin de pouvoir assurer les frais de fonctionnement de la troupe (location de salle, salaire des professeurs). Ils prônent une éducation à bas coût (quoique cela soit relatif au vu du niveau de vie sur place) pour toutes les classes sociales et intègrent le salaire des professeurs dans le calcul des projets de crowdfunding ce qui est assez unique.

Murillo Sabino de Projeto Ruas.
Murillo a quitté un emploi dans la multinationale Coca-Cola pour se dédier au Projet Ruas, porteur de sens selon lui, aidant les sans domiciles fixes. Après une courte formation, il s’est lancé dans un projet de crowdfunding qui lui a permis de lancer Projeto Ruas. Maintenant à court de fonds, et après avoir sollicité ses proches pour sa dernière campagne de crowdfunding, il a des difficultés à appréhender le futur de son projet (et comment subvenir à ses besoins). Il est reparti vivre chez ses parents. Son projet est très empreint par sa foi catholique.

– Guilherme Lito

Guilherme Lito, connus sous le nom de ‘Lito’ travaille au sein de l’entreprise Brownie do Luiz, une entreprise de confection de brownies (pâtisserie). Au travers de Lito, consultant fantasque en ‘bien être’, l’entreprise a tenté de développer une monnaie alternative afin de réduire des déchets, augmenter le bien-être et sensibiliser la population sans domicile fixe environnante. Au cours de l’entretien Lito me confia que cette campagne de levée de fonds était en réalité une « farce bancale » qui avait principalement pour objectif de faire connaître l’entreprise et développer son réseau. En effet, à l’issue de cette campagne, il lui fut offert de travailler à d’autres campagnes en tant que consultant pour la ville et d’autres multinationales implantées à Rio.

Dans la catégorie C, nous avons interviewé les personnes suivantes :

Felipe Caruso
Felipe Caruso a pour réputation d’être l’une des personnes les plus expertes dans le crowdfunding à Rio et au Brésil. Il a travaillé pendant 3 ans pour la plateforme Catarse et travaille désormais comme consultant indépendant. En tant que journaliste (il a été formé au journalisme), Il a créé le media « Crowdfunding Brasil » pour observer le secteur. Il travaille désormais comme consultant pour diverses campagnes de crowdfunding, notamment pour Freix candidat d’extrême gauche à la mairie de Rio de Janeiro en octobre 2016.

  • Luca XXXX, advertising – coach in crowdfunding

Luca a participé au montage de plusieurs plateformes (dont Benfetoria, la campagne Brownie do Luiz évoquée ailleurs dans ce document, ainsi qu’à d’autres campagnes et projets). Malgré sa position de consultant connu dans cette scène, il a exprimé sa difficulté à pouvoir se faire rémunérer suffisamment.

  • Teo Benjamin, ancien de la plateforme Benfeitoria, désormais coach et consultant en crowdfunding

En charge de la campagne de crowdfunding de Marcello Frexio, candidat à la mairie de Rio, plus grosse levée de fonds à ce jour (chiffres à vérifier) soit R$ 1.006.990,95 (280 000 euros) en octobre 2016

Dans la catégorie D, nous avons interviewé les personnes suivantes :

  • Jao Paolo Vergueiro, membre d’ABCR.
    ABCR est l’association brésilienne de levée de fonds. Face au développement du crowdfunidng, ils tentent de la complémentarité avec

    les levées de fond classiques et comment les deux approches s’entrecroisent. Ils sont situés à Sao Paolo

 

  • Marcos Pinheiro, Instituto Phi,

Instituto Phi aide au financement de diverses ONG qu’ils ont sélectionnées. Ils se situent entre des levées de fond classiques et le crowdfunding. Les fonds viennent de riches donateurs privés issus de la finance ou de l’ingénierie par exemple, des fortunes souvent récentes selon l’interviewé. L’argent collecté est dirigé vers des projets caritatifs ciblés choisis par la personne qui finance. Bien que distinct du crowdfunding, Marcos a des remarques sur le sujet, notamment la manière dont les deux systèmes pourraient se rejoindre avec l’expansion d’une classe moyenne aisée sensible aux éccarts de richesse au Brésil.

  • Jailson Silva, Observatório de Favelas

Jailson Silva se présente comme un intellectuel brésilien, ayant obtenu un doctorat en sociologie, proche du pouvoir et surtout issu d’une favela. Il est connu pour avoir été à la tête d’une des plus importantes ONG au Brésil (au top 3 selon l’expression). Au travers de l’ Observatório de Favelas, Jailson essaye d’utiliser le crowdfunding pour leur campagne et leur développement et de promotion de la culture des favelas.

2. Compte-rendu des principaux éléments recueillis durant la mission (en attente de la retranscription complète des entretiens et de l’analyse) :

J’ai résidé dans le logement prénommé « B Home » (entendons « Be Home » soit être à la maison) loué par des entrepreneurs de l’économie collaborative notamment organisateurs du Collabor America, équivalent du Oui Share sur le continent américain.
Cela m’a permis, au-delà des entretiens facilités par Téo Benjamin, d’être au cœur du microcosme de l’économie collaborative à Rio, tout du moins une certaine vision de cette économie.

Dans la B Home, l’espace de vie et l’espace de travail sont de fait mis ensemble. Le logement est divisé en espaces qui servent à la fois de cuisine, salons, espace de réunion, salle de Yoga, salle pour des groupes de discussion. Ces espaces sont à la fois librement investis ou loués (logement Airbnb, séances de yoga).

(B Home)

Dès l’arrivée dans ce microcosme de l’économie collaborative à Rio, nous sommes interpelés au premier abord par la contradiction entre l’apparente décontraction des individus (dans leur manière de se vêtir (tongues, shorts de bain et T-shirt) et l’excitation, l’anxiété qui transparait chez les individus. Les ongles sont rongés, les lèvres mordues, les visages marqués par les angoisses et le manque de sommeil probablement. Les échanges sont rapides, souvent sur le mode de l’ironie et toujours de manière superficielle, tout du moins en apparence. Ils ont ce détachements des gens qui font de « grandes choses ». En effet, au détour de discussions, après de long entretiens, ils m’avoueront souvent que c’est pour tenir. Que le rythme est lourd. Qu’il n’y a de tout façon plus de frontières entre le travail et le privée, entre l’activité et le repos. Chaque domaine venant se fondre dans l’autre. Il y a l’exploration de soi, certes sommes toute superficielle, permise par les séances de communication non-violente (une théorie développée par Marshall Rosenberg, psychologue américain reprise dans de nombreux livres de ‘self-help’), ou d’autres approches plus ésotériques et moins reconnues. Lito, le propriétaire de cet appartement situé au cœur d’un des parcs de Rio et donnant à la fois sur le pain de Sucre et sur la statue du ‘Christ redempteur’, est consultant en crowdfunding, résolution de conflits et autres therapies ésoteriques. Il me racontait qu’il venait de passer quelques jours en pleine jungle. Pour lui, il s’agissait d’une première, à 32 ans. Tout comme pour la majorité des gens que j’ai rencontré à Rio issu des 5% les plus riches de Rio, il a grandi enfermé dans la peur d’être kidnappé. Il n’avait donc jamais été aussi proche, autant en contact, avec la nature à laquelle il professe pourtant le retour dans ces séances de coaching.

Cette inégalité des richesses aura été une constante pendant ce séjour de recherche. Le Brésil a connu des inflations records entre les années 1980 et le début des années 1990 (avec une inflation record de 30 000 % par année dans les années 1990) sans pour autant que les salaires soient indexés à cette inflation. Depuis lors, la croissance du Brésil est descendue à 2% (en 2013) alors qu’elle avait été forte jusqu’en 2010 (7,5% en 2010 par exemple). Une classe aisée aura cependant profité de cette situation économique. Et comme me le rappellent les participants, « vous allez croire que tout le monde vit comme nous. Ce n’est pas le cas. Ce que vous voyez est biaisé, nous faisons partie des 5% de la population les plus riches ».

Incubateur Gomma et vue depuis l’incubateur (quartier de XX)

C’est effectivement un sentiment qui restera présent dans la majorité des entretiens. Cette classe moyenne supérieure éduquée et en short de bain traine avec elle une forme de conscience de classe et de culpabilité d’appartenir à cette classe privilégiée. Le bon économique qu’aura fait le brésil en quelques décennies aura laissé une majeure partie de la population de côté et les personnes interrogés pour cette recherche le savent. C’est ainsi que, tout du moins dans les discours, ils souhaitent engager une partie de leur activité dans la redistribution de la richesse. Le crowdfunding constituerait alors l’outil d’une forme nouvelle de démocratisation de la créativité et de l’innovation.

Les personnes interrogées sont cependant conscientes que la majorité des individus qui font ce microcosme du crowdfunding sont des gens qui partagent leurs codes culturels. Ils ont été dans les mêmes écoles, et pour le dire en termes bourdiesiens, ils ont le même habitus de classe. Beaucoup d’entre eux se connaissent aussi via des réseaux d’influences liés à des réseaux politiques, lieux ou la jeunesse de l’élite politique se croise et y apprend les codes du milieu (cf. Teo et Tomàs se sont rencontrés dans un réseau d’influence de la jeunesse aisée de Rio). D’un point de vue strictement social, la grande majorité des participants étaient fils de médecins ou d’industriels.

Cependant cette redistribution des richesses, même via le crowdfunding reste un échec. Les inégalités sociales sont criantes et les gestionnaires de plateformes le savent eux-mêmes : ceux qui payent sont des proches des porteurs de projet alors personne ne va investir dans le projet d’un pauvre de favela à moins que les efforts de certaines ONG locales ne soient suffisamment relayées par les plateformes de crowdfunding. C’est en tout cas une logique que semblent vouloir contrecarrer des plateformes comme Benfeitora qui fait la promotion sur sa page d’ONG sans en prendre de commission.

Ce modèle de « zéro commission » est par ailleurs présent dans plusieurs structures au brésil (y compris au dehors de l’économie collaborative). Sur le modèle libéral du client/consommateur paye ce qu’il souhaite, il est offert de ne pas rémunérer les plateformes s’il le souhaite mais seulement les projets. Cette logique de choix dans l’attribution des fonds (prise entre empowerment et responsabilisation) a été observé autre part au Brésil. En veut l’exemple de l’économie sociale et solidaire, qui semble avoir de nombreux lien avec l’économie collaborative au moins dans l’approche de redistribution des richesses, d’économie locale. Nous remarquerons ici que nous sommes loin des modèles souvent observés, inspirés par les start up de la Silicon Valley des années 2000 ayant pour volonté une croissance rapide afin de se faire racheter par de gros entreprises du Web.

Et c’est justement ce qui semble tenir l’ensemble de la communauté, le microcosme observé à Rio : un refus d’un certain modèle américain bien connu des années 2000. L’objectif annoncé par les individus observés étant le bien vivre ensemble et, la redistribution des richesses, plutôt que la recherche systématique de l’enrichissement individuel. A l’enrichissement individuel serait préféré l’enrichissement personnel sur un modèle new age non loin du modèle nord californien. Au démonstrations de richesses, sont préférés les discussions sur le lifestyle, apanage d’une jeunesse blanche éduquée, à l’agressivité masculine est préférée la retraite dans une certain forme d’individualisme et de narcissisme. L’exemple d’une structure comme Kickante, ‘la plateforme de crowdfunding la plus complète au Brésil’1 fait grand bruit dans la communauté observé à Rio. L’absence de ‘all or nothing’ et des stratégies très agressives ont ‘ruinées l’esprit de l’économie collaborative’ selon certains de ces acteurs. S’agit-il de convoitise de ne pas respecter les codes d’une communauté d’influence déjà en place au Brésil ou bien est-ce justement la pénétration d’une version agressive du crowdfunding qui fait tant bruit?

Peu importe la dénomination qui est donnée à cette économie. Comme me le rappelait certains des participants, il y a quelques années, il s’agissait d’économie collaborative, tout le monde en parlait. Puis il s’agissait d’économie du partage et maintenant il n’y en a plus que pour les Commons. Les gens migrent d’intérêts au fil des vues sur les TED talk et les réseaux d’influence, il n’y a pas de stabilités.

Il y a donc une très forte disparité sociale. Mais il y a aussi une disparité géographique. Selon les détenteurs de plateformes, les projets sont concentrés et financés à majorité par des individus situés dans le triangle Rio de Janeiro, Sao Paolo et Bel Horizonte2. Cette disparité géographique interroge les personnes entretenues. Quand certaines y voient une autre forme de distinction, d’autres y voient potentiellement de nouvelles populations à conquérir.

D’autre part, et ce malgré que les individus appartiennent souvent aux 5% les plus aisés de la population, il croit une certaine forme de précarité. Nombreux sont ceux pour qui cela reste une passion couteuse et peu sont ceux qui arrivent véritablement à en vivre. Car il y a aussi peu de rémunération dans l’économie collaborative, tout du moins pour les projets les plus visibles qui sont souvent des « projets vitrines » pour les plateformes, qu’il s’agisse d’ONG ou des projets créatifs. Cependant ces projets permettent d’attirer l’attention et il y a fort à parier, au vue des observations préliminaires et entretiens que ceux qui maitrisent les codes culturels et sociaux soient aussi ceux qui réussissent à rentabiliser ce « capital vitrine » pour des grandes marques ou de grandes entreprises cherchant à travailler leur image.

Comme le note Jacob Matthews dans ses notes de terrain sur l’Ethiopie, “De plus, parler d’Acteurs des industries culturelles ou «créatives» pose problème : comment associer à la fois une entrepreneuse lauréate du prix Rolex comme Bruktawit Tigabu, des musiciens et danseurs rencontrés dans un club libanais, un travailleur informatique Freelance par ailleurs investi dans la filière de l’édition littéraire ou encore un concepteur de circuits touristiques actif dans la défense de cultures autochtones)? Il est clair qu’a posteriori, les spécificités socio-politiques et socio-économiques de ce terrain interrogent, du point de vue de l’usage. »

1 Kickante, ‘A mais completa plataforma de crowdfunding do Brasil.’ See : https://www.kickante.com.br/

2 Si Sao Paolo et Rio de Janeiro font à elles seules 17 millions d’habitants, la population totale du brésil est de XXXX et le Brésil dispose de 125 villes de plus de 200 mille habitants. Voir : http://www.ibge.gov.br/home/

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